Le combat contre l'oubli, le déni, le négationnisme, nous tient à cœur. Nous féministes universalistes, savons qu'il n'y a qu'une seule humanité. C'est pourquoi , alors que les actes antisémites s'accroissent de façon vertigineuse depuis le 7 octobre 2023, nous prenons notre part à la lutte contre l'antisémitisme.
A l'occasion de la sortie du livre Le Silence d'Amsterdam de Ludi BOEKEN, Arlette Zilberg le recevra au Centre Medem, à la fois pour qu'il nous présente son livre, et aussi son film Des Juifs dans une chambre noire.
Qui est Ludi BOEKEN ?
Né à Amsterdam, issu d'une famille de résistants juifs. Réalisateur de films et de documentaires, il s'est imposé comme grand reporter de guerre.
Le livre :
une enquête basée principalement sur les archives de l'administration néerlandaise. Une déconstruction du mythe selon lequel la Hollande, pays d'accueil et de tolérance, fut résistante. Une communauté décimée et effacée. 75% des Juifs furent déportés. Amsterdam fut la première ville de l'Europe occupée par les nazis, où la déportation fut soigneusement préparée : Eichmann était à la manœuvre. Un silence pesant a suivi, durant des décennies.
Le film :
Ludi Boeken a retrouvé Harry Swaab, détenteur d'un film tourné en 1942-43, par des Juifs dont lui-même, cachés en haut d'un music hall d'Amsterdam, l'Alacazar, tenu par un résistant.
Ce film exceptionnel et unique au monde, montre le quotidien de 14 personnes recluses : taches ménagères, parties de bridge, exercices d'alertes pour se cacher... C'est en 1982 que Ludi Boeken l'a monté. Une œuvre méconnue. Pourtant, "imaginez Anne Franck munie d'une caméra plutôt que d'un stylo " et vous avez ce chef-d'œuvre cinématographique.
Quelques jours avant le 27 janvier, Journée Internationale de la commémoration de la Shoah, Arlette Zilberg recevait l'historienne Marie-Jo Bonnet au Centre Medem, pour présenter son dernier livre : Lutetia 1945- Le Centre d'accueil et de contrôle des déportés, publié par Chryséis Editions.
Peu le savent aujourd'hui, mais ce grand Hôtel parisien, fut réquisitionné juste après la libération des camps de concentration et d'extermination, pour accueillir les déportés survivants. Entre 17 000 et 20 000 déportés, hommes femmes enfants, y furent rapatriés, durant 4 mois. Les déportés politiques : Juifs ou pas.
Dans les vidéos suivantes, vous pouvez voir des extraits de cette conférence.
Introduction Arlette Zilberg
Alors que l'actualité regorge d'exemples du retour des vieux démons, que les mots sont détournés de leur sens, que les propos négationnistes refont surface, ce livre est une pépite. Il redonne son sens aux mots Résistance, Génocide, Humanité, Déportation, Extermination, Shoah, Solidarité, Humanité. Une pépite aussi par les documents/photos rassemblés, preuves historiques incontestables rassemblées par l'auteure du livre et de son équipe.
témoignage Marie-Jo Bonnet
Et puis, pour nous féministes, à l'heure où de nombreuses féministes ont perdu leur boussole et sombré dans le confusionnisme le plus délétère, voire même dans l'antisémitisme, nous ne pouvons que nous réjouir d'écouter et lire notre amie Marie-Jo Bonnet, "féministe historique". Sa mission aujourd'hui : " la transmission".
Le mardi 2 décembre, le Centre Medem a accueilli Nora Bussigny pour son livre Les Nouveaux antisémites, et Galina Elbaz 1ère Vice-présidente de la LICRA, pour une conférence-débat animée par Arlette Zilberg, porte-parole des CitadElles.
Nous ne transmettons que l'introduction d'Arlette Zilberg, car la suite fut un échange à bâtons rompus, entre trois femmes de trois générations qui se suivent, courageuses, battantes, féministes universalistes.
"Merci au centre Medem de m’accueillir ce soir avec Nora Bussigny et Galina Elbaz, et à vous pour votre présence. Merci à Nora et Galina.
Pour les féministes, il y a 2 dates importantes dans l’année : le 8 mars, et le 25 novembre.
Lorsque j’ai choisi pour cette soirée, ce titre ironique, à l’humour grinçant, c’était parce qu’il aurait lieu quelques jours après le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. J’aurais tout aussi bien l’intituler : L’antisémitisme est-il soluble dans les violences sexuelles du 7 octobre 2023 ? De fait, j’anticipais sur la manifestation qui devait se tenir le 22 novembre 2025.
Car depuis deux ans, nous voyons celles et ceux que j’appellerai les « palestinistes », empêcher le cortège des Juives et alliées du collectif "Nous Vivrons", d’intégrer la manifestation contre les violences faites aux femmes, que ce soit à Paris ou à Marseille.
23 nov et 8 mars 2023, 23 nov et 8 mars 2024 et le 22 nov 2025. A chaque fois, le collectif Nous Vivrons a tenté de participer au cortège des manifestations de femmes. Il s’agissait de visibiliser les violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas à l’encontre des Israéliennes le 7 octobre 2023 et à l’encontre des otages.
"Nous Vivrons" a tenté de négocier sa place dans la manifestation, avec les organisatrices que sont le collectif Grève féministe et le collectif Nous Toutes.
En vain, puisque si Nous Vivrons et ses alliées (je veux parler du collectif féministe Les CitadElles, de la LICRA, du Printemps Républicain, de la Ligue du Droit International des Femme, des Iraniennes de Femme Azadi et Homa), ont pu se regrouper et parfois même marcher, ce fut sous protection policière et du SPCJ ( Service de Protection de la Communauté Juive). Nous avons parfois été bousculées, insultées, et avons même essuyé des tessons de bouteilles comme le 8 mars 2024.
Les insultes les plus fréquentes : « sionistes, fascistes, c’est vous les terroristes » ! Par la magie de ce slogan, les femmes juives voulant visibiliser les viols des terroristes du Hamas sont transformées de solidaires des victimes de viols, en bourreaux !
Je ne parle même pas des drapeaux palestiniens distribués et essaimés partout dans les cortèges. Sachez juste que dès novembre 2023, le camion-sono d’EuroPalestine (extrême droite Dieudonné Soral etc) était présent dans la manifestation, place de la Nation. Le 8 mars 2024, c’est Omar Alsoumi lui-même, Porte-parole du collectif Urgence Palestine dont les liens avec Samidoun et le FPLP sont avérés, qui jetait des tessons de bouteille sur le cortège de Nous Vivrons.
Un mot sur « la convergence des luttes » entre l’X gauche, les « palestinistes », et les mouvements féministes. Ça vient de loin, des Etats Unis. Ce sont principalement les mouvements décoloniaux et woke, qui influencent ici, celles qu’on appelle les « néo-féministes ». Leurs références sont Angela Davis figure de l’afro féminisme, et Judith Butler qui a transformé l’intersectionnalité en dogme, alors qu'elle est un paramètre et outil d'analyse. Judith Butler est juive, férocement antisioniste et décoloniale. Si on y ajoute un zeste de théorie de sociologues d’extrême gauche qui analysent la société uniquement à travers le prisme dominants/dominés, capitalistes/exploités, on obtient un cocktail de féminismes inconciliables. D’un côté les féministes universalistes et laïques, de l’autre, des féministes qui au nom de la convergence des luttes dévoient et subordonnent droits des femmes et luttes féministes à d’autres causes, comme on l’a vu depuis le 7 octobre, à la lutte contre le sionisme, le capitalisme ou même Macron.
Je vais maintenant présenter mes invitées.
Nora Bussigny, 30 ans, journaliste, collaboratrice à Marianne, Le Point. Je la connais bien car je lis aussi avec attention ses articles dans Franc Tireur, dont la directrice de publication est Caroline Fourest que nous avons déjà reçue dans ces locaux. Les deux derniers livres de Nora, Les nouveaux inquisiteurs, et, Les nouveaux antisémites publié en octobre dernier, l’ont consacrée journaliste d’investigation. Pour ce faire, elle a travaillé en immersion dans les terres woke, et dans les rangs de l’ultragauche. Elle a témoigné devant la commission d’enquête parlementaire sur les liens entre LFI et les islamistes. Elle vient de porter plainte contre Paul Vannier, député LFI, pour cyberharcèlement, mise en danger de la vie d’autrui et menaces de crime.
Galina Elbaz, 51 ans, avocate et 1ère vice-présidente de la LICRA. Tu es déjà intervenue dans nos locaux avec Isabelle Rome, après le 7 octobre 2023, et nous avions discuté de la qualification juridique des agressions sexuelles par les terroristes du Hamas, la différence entre crime de guerre et crime contre l’humanité, antisémitisme ou pas, visée génocidaire, impunité ? Tu interviens souvent comme avocate, au nom de la LICRA sur la question de l’antisémitisme et l’antiracisme. On t’a vue encore il y a deux jours sur les ondes, nous parler de la plainte de la LICRA contre le professeur d’histoire à Lyon 2 qui a publié une liste de, je cite « 20 génocidaires à boycotter en toutes circonstances » .
Tu es membre du comité de rédaction du DDV ( le Droit De Vivre, revue de la LICRA), et tu nous as apporté des exemplaires de la revue : L’universalisme, une idée neuve, et aussi De l’antisionisme à l’antisémitisme. Pour finir, toi aussi tu es aussi victime de cyberharcèlement et tu viens de déposer plainte.
Nous avons donc ici, deux femmes, courageuses. Merci encore à vous d’être ici ce soir.
Je vais d’abord proposer à Nora Bussigny de nous parler de son dernier livre, de son expérience, avec peut-être un focus sur ce qu’elle a vu et compris de ce paradoxe qui amène des féministes à taire, justifier voire même effacer les crimes sexuels des terroristes du Hamas. Y’a-t-il une part d’antisémitisme ? (Nora, tu as entre 20 et 30 mn).leur sujet.
Merci Nora, et maintenant je me tourne vers Galina Elbaz, qui va nous parler de ses combats en tant que Vice-présidente de la LICRA, des affaires qu’elle a plaidées, de la stratégie de la LICRA pour gagner des procès, et de tous ces dispositifs que nous, qui ne sommes pas juristes, avons du mal à appréhender (article 40, loi sur la presse…). Tu es venue avec 2 revues du Droit de Vivre, merci de nous en dire quelques mots. (Galina, tu as entre 20 et 30 mn)."
Les échanges avec le public furent riches, nos trois intervenantes connaissant parfaitement leur sujet et étant complémentaires. Le public, paritaire, semblait captivé par les sujets abordés. Comme quoi, le féminisme lorsqu'il est porté par de telles personnes reste un sujet passionnant et aussi de concorde.
Un froid glacial, mais une organisation parfaite. Malgré le refus des organisatrices réunies dans le collectif Grève féministe d'intégrer Nous Vivrons, malgré les menaces d'Urgence Palestine et de Samidoun - deux associations proches du Hamas et du FPLP classés terroristes, mais placées en tête du cortège de Nous Toutes ( la honte), le cortège de l'association Nous Vivrons a réussi à se former sans encombre au métro Temple, et sous protection. Pancartes, casquettes et petites mains jaunes ont été distribuées.
Des petites mains jaunes, amputées de 2 doigts, en hommage à l'ex otage Emily Damari, kidnappée le 7 octobre 2023 par des terroristes du Hamas, blessée à la main, détenue et mal soignée dans les tunnels de Gaza pendant 15 mois.
Un camion-sono et un DJ topissimes, des organisatrices dont les slogans étaient nickels ont permis d'animer même les moments où nous faisions du sur place pour cause de blocage par le cortège nous précédent mécontent que nous soyons là !
Nous avons chanté, nous avons dansé ! Avec la députée Caroline Yadan en guest star.
Arrivées devant le Bataclan, nous avons fait une minute de silence dédiée à toutes les victimes du terrorisme islamiste : en France - Ecole Ozar Hathora de Toulouse, Charlie Hebdo, 13 novembre, et en Israël - le 7 octobre 2023.
Un mot sur le camion d'Urgence Palestine où l'un des mots d'ordre était : Yalla intifada ! La honte, pour celles qui ont repris ce slogan, pour les organisatrices qui ont accepté cette association au sein d'une Marche contre les violences faites aux femmes... visiblement pas toutes les femmes : sauf les Juives et les sionistes.
Et aussi un mot des "antifas" qui ont essayé aussi de nous bloquer. Sur cette photo vous pouvez les voir reculer en rangs serrés, face aux CRS qui avancent devant le cortège de Nous Vivrons.
De mémoire de militantes, jamais nous n'avions vu ça : les organisatrices ont distribué, en fin de Marche, du thé chaud et .... de la Vodka ! Et le camion-sono, bravissimo !
Une sono topissime, une banderole magnifique, un cortège pêchu.
Bravo aux organisatrices, spécial hug à Sarah et Ben. Pas un moment où nous ne nous sommes senties en insécurité. Mais quand même ! Devoir manifester protégées, on ne s'y habituera jamais !
Une évidence : le mal que les "féministes mainstream" font à la cause des femmes et au féminisme !
Merci à toutes les personnes qui ont assuré notre sécurité, aux CRS qui n'ont pas hésité à intervenir pour arracher une banderole appelant à l'intifada et ont protégé notre cortège.
Voici quelques photos et une vidéo de cette Marche.
Après un début chaotique, la commission d'enquête parlementaire a enfin commencé ses travaux. Elle doit rendre son rapport le 24 décembre.
Début chaotique car nous avons échappé de peu à la présidence d'Aymeric Caron, député LFI candidat à la présidence de cette commission. C'est finalement le député Xavier Breton ( groupe Droite Républicaine) qui en est le président, et le député Matthieu Bloch (groupe UDR) en est le rapporteur. Deux postes clés, et particulièrement le second puisque de son rapport dépendront des conséquences juridiques ou des préconisations législatives liées au contenu du rapport.
En attendant, nous avons visionné sur le site de l'Assemblée nationale les premières auditions publiques. Glaçant ! Les trois personnalités auditionnées - Nora Bussigny, Omar Youssef Souleimane et Florence Bergeaud-Blacker, l'ont été car elles ont, chacune à leur façon, travaillé sur les liens entre des représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l'action terroriste ou propageant l'idéologie islamiste.
Voici les trois vidéos de ces auditions. Elles durent plus d'une heure chacune. Prenez le temps de les écouter.
Nora Bussigny journaliste d'investigation a travaillé en immersion dans les milieux de l'ultra gauche, spécialiste du militantisme radical. Vient de publier chez Albin Michel Les nouveaux antisémites.
Omar Youssef Souleimane, journaliste écrivain et poète, a quitté sa Syrie natale pour échapper au régime de Bachar El Hassad. Son dernier livre publié chez Plon, Les complices du mal, est un cri d'alerte contre l'alliance entre la France Insoumise et l'islamisme
Florence Bergeaud-Blacker est docteur en anthropologie, chercheuse au CNRS. Elle vit sous protection policière depuis des années, a publié chez Odile Jacob Le frérisme et ses réseaux.
https://www.youtube.com/watch?v=AN98CFjpGuk
D'autres auditions, certaines publiques, d'autres à huis clos doivent se tenir. Vous en trouverez l'agenda sur le site de l'Assemblée nationale.
Les premières auditions nous semblent ne concerner que les liens entre une certaine extrême gauche et l'islamisme. Nous nous félicitons qu'une Commission parlementaire s'empare de ce sujet qui nous préoccupe depuis des années, tant les conséquences sur le climat social sont importantes.
Cependant, il paraît avéré qu'il existe aussi des liens entre une certaine extrême droite et l'islamisme. Espérons que cette Commission enquêtera aussi sur ce sujet inquiétant.
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