Dans une vidéo postée sur X (ex twitter) le 2 août 2026 par Azzam AMIN, élu LFI à Lyon, l’historienne Sophie BESSIS remet en cause la qualification de pogrom du « massacre du 7 octobre 2023 », arguant que les critères définissant un pogrom ne sont pas validés :
« Le massacre du 7 octobre, il y a eu massacre c’est l’évidence, ce n’est pas un pogrom. Qu’est-ce que c’était un pogrom ? Dans l’Europe centrale et orientale du 19e et du début du 20e siècle, c’était le pouvoir dominant qui commettait des exactions contre des dominés, contre des persécutés, contre des discriminés donc c’était un pouvoir dominant qui persécutait des dominés… »
Qu’il est affligeant de voir le prisme dominant/dominé brandi à tort et à travers ! Qu’il est désolant de voir une intellectuelle du niveau de Sophie Bessis sombrer dans une analyse aussi réductrice !
Revenons sur l’histoire des pogroms : ceux qui ont émaillé les 19e et 20e siècles en Russie, Pologne et Ukraine, étaient des explosions de haine et de violence de la part de groupes de moujiks contre des populations juives. Ces explosions de violence accompagnées de viols des femmes, étaient pour la plupart spontanées, pas préparées ou organisées en amont durant de longs mois, et surtout n’étaient pas à l’initiative d’un pouvoir central. Des dominés, de pauvres moujiks s’en prenaient à d’autres dominés, les Juifs, encore plus dominés qu’eux.
Quel est donc l’objectif de Sophie Bessis en réfutant le mot pogrom ? Ne serait-il pas, quitte à masquer et tordre la réalité des faits, de présenter à tout prix l’idée que les Israéliens sont des dominants plutôt que des victimes ? L’objectif ne serait-il pas d’effacer l’horreur des viols et des violences sexuelles sur les israéliennes, violences sexuelles qui sont aussi une facette du mot pogrom et résonnent encore dans notre mémoire collective ?
Les victimes attirent compassion, sympathie et parfois même solidarité. Or si l’on veut empêcher toute solidarité avec les victimes du 7 octobre, quoi de plus simple voire simpliste que les faire passer pour de méchants dominants et de réduire le conflit israélo palestinien à une affaire de dominants/dominés.
Nous réfutons fermement le terme de simple « massacre » concernant le 7 octobre. Insuffisant ! Inapproprié !
Mais que faire du mot pogrom ? Si le mot pogrom n’a pas de définition juridique, il est aujourd’hui communément admis et compris que le pogrom est une attaque spontanée accompagnée de pillages, de violences sexuelles et de massacres contre des groupes de Juifs. En revanche le mot génocide a une définition juridique depuis la Convention internationale de 1948, avec au cœur de sa définition la notion d’intentionnalité.
Et si stricto sensu, le 7 octobre n’est pas un pogrom, il n’est pas non plus, comme le prétend Sophie Bessis, un banal massacre, parmi les milliers d’autres massacres que l’histoire a connus. Il est au contraire, la mise en scène et en acte d’une tentative de génocide filmée et diffusée le jour-même par les terroristes du Hamas. Nous sommes là bien loin de la qualification de « massacre » perpétré par des « dominés » sur des « dominants », et défendue par Sophie Bessis et ses affidés de LFI.
Shani Louk, victime du pogrom du 7 octobre 2023 ou "dominante" massacrée par ceux "qu'elle dominait" ?

