Vendredi 27 septembre 14h-16h30 : viols et violences sexuelles comme arme de guerre : comment sortir de l’invisibilisation et de l’impunité ?

Vendredi 27 septembre 14h-16h30 : viols et violences sexuelles comme arme de guerre : comment sortir de l’invisibilisation et de l’impunité ?

Un séminaire ouvert à toutes et tous, organisé par l'Institut Emilie du Châtelet ( IEC) dans l'amphi Fabry-Perrot du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), 292 rue Saint-Martin, 75003 Paris. (entrée libre)

Les intervenantes : Isabelle Rome ancienne ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, Galina Elbaz avocate et vice-présidente de la LICRA , Arlette Zilberg militante féministe et porte-parole du réseau féministe Les CitadElles.

Ce séminaire comprendra une première partie avec les intervenantes, et sera suivi d'un échange avec la salle.

Présentation :

Viols et violences sexuelles comme arme de guerre : comment sortir de l’invisibilisation et de l’impunité ?

Les crimes sexuels perpétrés dans les guerres et conflits internationaux des dernières années que ce soit contre les femmes yézidies (Irak), ukrainiennes et plus récemment israéliennes, commencent à peine à connaître un traitement journalistique et médiatique, alors que ces crimes ont toujours existé en temps de guerre. Les images des violences sexuelles du 7 octobre 2023 filmées par les terroristes du Hamas, ont permis la prise de conscience et la visibilisation des enlèvements de femmes, des corps de femmes mutilées, exposées et ensanglantées. Une prise de conscience mondiale face à ces viols et ces violences sexuelles comme « armes de guerre » commence à émerger suite à ce drame historiquement tabou, et non traité à la fois médiatiquement et judiciairement.

Nos trois intervenantes, Galina ELBAZ, avocate, Isabelle LONVIS-ROME, magistrate et ancienne Ministre en charge du droit des femmes, et Arlette ZILBERG, militante féministe, aborderont la spécificité et la matérialité des crimes sexuels à la fois sur les femmes et les hommes en temps de guerre et la définition conceptuelle de ces violences comme « armes de guerre ».

Nos intervenantes exposeront les définitions juridiques pour qualifier ces crimes. Elles présenteront également le traitement judiciaire spécifique à l’échelle des juridictions internationales. Pour ce faire, elles évoqueront les précédents jurisprudentiels (Tribunaux internationaux pour l’ex Yougoslavie et le Rwanda, etc.) pour combattre l’impunité et l’invisibilisation de ces crimes contre l’humanité, également qualifiables de génocide dans certaines situations, qui traduisent une façon de s’approprier le corps des femmes ou des hommes, comme on s’approprie un territoire dans les conflits armés.

Le silence de Sibel : Un film de Aly Yeganeh

Le silence de Sibel : Un film de Aly Yeganeh

Sortie en salle le 1er mai 2024

Sibel est une toute jeune adolescente de 13 ans lorsque Daesh massacre sa famille puis l’enlève pour la réduire à l’esclavage sexuel.

Des mois plus tard, et avec l’aide d’une connaissance de sa famille, elle est libre en France. Libre ? Non. Elle est emprisonnée à vie par les images de ses parents et de ses frères massacrés devant elle, et par les tortures et viols qu’elle devra subir par ses geôliers pendant des mois. Puis l’empreinte du diable. Enceinte, elle va devoir faire un choix, seule. Elle se retranche dans le silence pour se protéger.

L’histoire de Sibel c’est l’histoire de milliers de femmes qui, lors des nettoyages ethniques ou des génocides, ont subi et vécu l’innommable. Lorsque l’on regarde Sibel, ses yeux sont les yeux des Yézidis, des Rwandaises, des Afghanes, des Iraniennes, des Israéliennes mais aussi de toutes les femmes dont les traumatismes des viols poussent au silence pendant des mois, des années, des vies.

Les Yézidis, victimes d’un génocide de l’État Islamique en 2014 ont subi les pires atrocités. L’EI tuait les hommes qui refusaient de se convertir à l’Islam, les femmes et les jeunes filles étaient enlevées pour être réduites à l’esclavage sexuel. Violées systématiquement et vendues comme du bétail. À ce jour il reste encore plus de 3 000 femmes aux mains de Daesh. Un peuple d’un demi-million de personnes en Irak avant l’EI, aujourd’hui ils ne sont plus que 250 000, et environ 150 000 réfugiés dans des camps ou à l’étranger. 

Un film sombre, puissant à voir, pour découvrir les tunnels psychologiques que les victimes des viols, des crimes de guerre et des massacres affrontent.