La LICRA Paris, organise en partenariat avec la Mairie de Paris Centre, son café LICRA sur l'Iran. Un livre vous sera présenté : Les Enfants de Téhéran, de Mikhal Dekel, qui décrit le périple des Juifs de l’Europe nazie vers la Palestine mandataire, en passant par Téhéran, une page méconnue de l’histoire de la Shoah. L'auteur retracera le périple de milliers d'enfants rescapés.
La soirée se poursuivra par un échange avec des experts afin de mettre cette histoire en perspective avec la situation actuelle en Iran.
🥂 À l’issue de la conférence, un buffet convivial vous sera proposé pour célébrer ensemble la nouvelle année. Inscription obligatoire 📩 Inscription : paris@licra.org
Le mardi 2 décembre, le Centre Medem a accueilli Nora Bussigny pour son livre Les Nouveaux antisémites, et Galina Elbaz 1ère Vice-présidente de la LICRA, pour une conférence-débat animée par Arlette Zilberg, porte-parole des CitadElles.
Nous ne transmettons que l'introduction d'Arlette Zilberg, car la suite fut un échange à bâtons rompus, entre trois femmes de trois générations qui se suivent, courageuses, battantes, féministes universalistes.
"Merci au centre Medem de m’accueillir ce soir avec Nora Bussigny et Galina Elbaz, et à vous pour votre présence. Merci à Nora et Galina.
Pour les féministes, il y a 2 dates importantes dans l’année : le 8 mars, et le 25 novembre.
Lorsque j’ai choisi pour cette soirée, ce titre ironique, à l’humour grinçant, c’était parce qu’il aurait lieu quelques jours après le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. J’aurais tout aussi bien l’intituler : L’antisémitisme est-il soluble dans les violences sexuelles du 7 octobre 2023 ? De fait, j’anticipais sur la manifestation qui devait se tenir le 22 novembre 2025.
Car depuis deux ans, nous voyons celles et ceux que j’appellerai les « palestinistes », empêcher le cortège des Juives et alliées du collectif "Nous Vivrons", d’intégrer la manifestation contre les violences faites aux femmes, que ce soit à Paris ou à Marseille.
23 nov et 8 mars 2023, 23 nov et 8 mars 2024 et le 22 nov 2025. A chaque fois, le collectif Nous Vivrons a tenté de participer au cortège des manifestations de femmes. Il s’agissait de visibiliser les violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas à l’encontre des Israéliennes le 7 octobre 2023 et à l’encontre des otages.
"Nous Vivrons" a tenté de négocier sa place dans la manifestation, avec les organisatrices que sont le collectif Grève féministe et le collectif Nous Toutes.
En vain, puisque si Nous Vivrons et ses alliées (je veux parler du collectif féministe Les CitadElles, de la LICRA, du Printemps Républicain, de la Ligue du Droit International des Femme, des Iraniennes de Femme Azadi et Homa), ont pu se regrouper et parfois même marcher, ce fut sous protection policière et du SPCJ ( Service de Protection de la Communauté Juive). Nous avons parfois été bousculées, insultées, et avons même essuyé des tessons de bouteilles comme le 8 mars 2024.
Les insultes les plus fréquentes : « sionistes, fascistes, c’est vous les terroristes » ! Par la magie de ce slogan, les femmes juives voulant visibiliser les viols des terroristes du Hamas sont transformées de solidaires des victimes de viols, en bourreaux !
Je ne parle même pas des drapeaux palestiniens distribués et essaimés partout dans les cortèges. Sachez juste que dès novembre 2023, le camion-sono d’EuroPalestine (extrême droite Dieudonné Soral etc) était présent dans la manifestation, place de la Nation. Le 8 mars 2024, c’est Omar Alsoumi lui-même, Porte-parole du collectif Urgence Palestine dont les liens avec Samidoun et le FPLP sont avérés, qui jetait des tessons de bouteille sur le cortège de Nous Vivrons.
Un mot sur « la convergence des luttes » entre l’X gauche, les « palestinistes », et les mouvements féministes. Ça vient de loin, des Etats Unis. Ce sont principalement les mouvements décoloniaux et woke, qui influencent ici, celles qu’on appelle les « néo-féministes ». Leurs références sont Angela Davis figure de l’afro féminisme, et Judith Butler qui a transformé l’intersectionnalité en dogme, alors qu'elle est un paramètre et outil d'analyse. Judith Butler est juive, férocement antisioniste et décoloniale. Si on y ajoute un zeste de théorie de sociologues d’extrême gauche qui analysent la société uniquement à travers le prisme dominants/dominés, capitalistes/exploités, on obtient un cocktail de féminismes inconciliables. D’un côté les féministes universalistes et laïques, de l’autre, des féministes qui au nom de la convergence des luttes dévoient et subordonnent droits des femmes et luttes féministes à d’autres causes, comme on l’a vu depuis le 7 octobre, à la lutte contre le sionisme, le capitalisme ou même Macron.
Je vais maintenant présenter mes invitées.
Nora Bussigny, 30 ans, journaliste, collaboratrice à Marianne, Le Point. Je la connais bien car je lis aussi avec attention ses articles dans Franc Tireur, dont la directrice de publication est Caroline Fourest que nous avons déjà reçue dans ces locaux. Les deux derniers livres de Nora, Les nouveaux inquisiteurs, et, Les nouveaux antisémites publié en octobre dernier, l’ont consacrée journaliste d’investigation. Pour ce faire, elle a travaillé en immersion dans les terres woke, et dans les rangs de l’ultragauche. Elle a témoigné devant la commission d’enquête parlementaire sur les liens entre LFI et les islamistes. Elle vient de porter plainte contre Paul Vannier, député LFI, pour cyberharcèlement, mise en danger de la vie d’autrui et menaces de crime.
Galina Elbaz, 51 ans, avocate et 1ère vice-présidente de la LICRA. Tu es déjà intervenue dans nos locaux avec Isabelle Rome, après le 7 octobre 2023, et nous avions discuté de la qualification juridique des agressions sexuelles par les terroristes du Hamas, la différence entre crime de guerre et crime contre l’humanité, antisémitisme ou pas, visée génocidaire, impunité ? Tu interviens souvent comme avocate, au nom de la LICRA sur la question de l’antisémitisme et l’antiracisme. On t’a vue encore il y a deux jours sur les ondes, nous parler de la plainte de la LICRA contre le professeur d’histoire à Lyon 2 qui a publié une liste de, je cite « 20 génocidaires à boycotter en toutes circonstances » .
Tu es membre du comité de rédaction du DDV ( le Droit De Vivre, revue de la LICRA), et tu nous as apporté des exemplaires de la revue : L’universalisme, une idée neuve, et aussi De l’antisionisme à l’antisémitisme. Pour finir, toi aussi tu es aussi victime de cyberharcèlement et tu viens de déposer plainte.
Nous avons donc ici, deux femmes, courageuses. Merci encore à vous d’être ici ce soir.
Je vais d’abord proposer à Nora Bussigny de nous parler de son dernier livre, de son expérience, avec peut-être un focus sur ce qu’elle a vu et compris de ce paradoxe qui amène des féministes à taire, justifier voire même effacer les crimes sexuels des terroristes du Hamas. Y’a-t-il une part d’antisémitisme ? (Nora, tu as entre 20 et 30 mn).leur sujet.
Merci Nora, et maintenant je me tourne vers Galina Elbaz, qui va nous parler de ses combats en tant que Vice-présidente de la LICRA, des affaires qu’elle a plaidées, de la stratégie de la LICRA pour gagner des procès, et de tous ces dispositifs que nous, qui ne sommes pas juristes, avons du mal à appréhender (article 40, loi sur la presse…). Tu es venue avec 2 revues du Droit de Vivre, merci de nous en dire quelques mots. (Galina, tu as entre 20 et 30 mn)."
Les échanges avec le public furent riches, nos trois intervenantes connaissant parfaitement leur sujet et étant complémentaires. Le public, paritaire, semblait captivé par les sujets abordés. Comme quoi, le féminisme lorsqu'il est porté par de telles personnes reste un sujet passionnant et aussi de concorde.
Les Trophées Education de la LICRA récompensent les actions éducatives des sections locales de l’association dans le domaine scolaire, pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme. Invitées, nous avons été impressionnées par le travail de terrain accompli par différentes sections locales de la LICRA. La remise de 7 trophées s’est déroulée au Sénat, le 5 mai dernier. Ces récompenses ont été attribuées pour des travaux très divers, menés aussi bien dans des écoles primaires de la Drôme sur des parcours citoyens, qu'à l'Ecole Estienne de Paris pour son projet "serious game" articulé autour du nageur français Alfred Nakache.
Nous avons été accueillis par le sénateur Pierre-Antoine Lévi, membre de la Commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat, Abraham Bengio, président de la commission Culture de la LICRA, Juliette Meadel, ministre déléguée chargée de la Ville, et Hélène Bouniol présidente de la Commission éducation de la LICRA.
Notre porte-parole Arlette Zilberg a eu l’honneur de remettre, en présence de Guillaume Gicquel représentant le Ministère de l'Education nationale, un trophée récompensant la section Dunkerque – le Littoral, pour son travail avec des élèves et professeurs de Lycées Professionnels, sur les migrants. En partenariat avec le cinéma Studio 43, cette section avait déjà organisé des cinés-débats autour de films sur Simone Veil, ou La plus précieuse des petites marchandises, films qui traitaient de l’antisémitisme. Cette année fut consacrée au racisme, en s’appuyant sur le film de Ken Loach, The Old Oak, film qui traite de la question des migrants. Souhaitons à Ken Loach qu’il comprenne que l’espace entre racisme et antisémitisme, est plus fin qu’une feuille de papier de cigarette …
Voici le texte de l’intervention de Arlette Zilberg, lors de la remise du trophée :
« Je félicite la LICRA Dunkerque d’avoir pris la question des migrants à bras le corps.
Nous le savons, cette question est prégnante dans la région de Dunkerque et à fortiori à Grande-Synthe (sise dans la banlieue nord de Dunkerque). Les scores du Rassemblement National aux dernières élections législatives sont très élevés et inquiétants. Détourner le regard serait contreproductif.
Nous savons que les lycées professionnels accueillent majoritairement des élèves issus de milieux populaires et issus de l’immigration, et dont les familles connaissent des difficultés économiques. Nous connaissons le ressentiment d’une partie des jeunes à l’égard d’une société dont ils se sentent exclus.
Nous savons aussi que les filles et les garçons se répartissent différemment, selon les spécialités offertes par les lycées. La répartition des élèves est très genrée, comme on dit aujourd’hui.
Or, le film The Old Oak, a pour objectif de montrer l’impérieuse nécessité de dépasser les clivages, de créer de la solidarité entre les diverses communautés de déshérités, recréer de la fraternité entre les individus quelles que soient leurs origines. Créer du lien, de l’échange, de la chaleur humaine là où tout semble n’être que misère et mal de vivre. Et notre héros, TJ le patron du pub, est un modèle de générosité. Pas de charité, mais de la solidarité, de la fraternité. Il force notre admiration et un attachement à son personnage.
Je voudrais revenir sur un élément qui m’a interpellée en tant que féministe : la place de Yara dans le film. Car ce film c’est aussi l’histoire de cette jeune syrienne de 20 ans, passionnée de photographie. Elle est l'une des rares adultes syriennes non voilées, sinon la seule. Elle parle d’égale à égale avec les hommes qui l’ont insultée, agressée, car migrante. Elle tisse un lien d’amitié avec TJ le patron du pub, parle un français presque parfait. En fait, elle est l’inverse de tous les stéréotypes attachés aux Syriennes : elle n’est pas voilée, et son appareil photo en bandoulière, elle semble partir à la découverte du monde, curieuse de tout ce qui la différencie de sa vie précédente, même si elle rêve de pouvoir revenir un jour en Syrie, une Syrie débarrassée de la dictature de Assad et du terrorisme de Daesch, et de cette guerre qui l’a fait fuir son pays et se réfugier en France. En fait, Yara, héroïne du film, est un modèle de jeune femme libre, qui s’émancipe, et qui refuse toute assignation à sa place de migrante.
Je terminerai mon propos en vous félicitant pour votre travail qui relève de la lutte contre le racisme, ce qui n’est pas si facile dans une région où nombre de migrants arrivent pour tenter de passer en Angleterre à partir de Dunkerque ou de Grande Synthe.
Baignant moi-même dans le milieu de l’éducation populaire puis de l'éducation depuis ma plus tendre enfance, je sais non seulement combien il est difficile d’enseigner aujourd’hui, particulièrement en Lycée Professionnel, et combien il est nécessaire de transmettre des valeurs, une ouverture, et de l’espoir face à la montée du racisme. Vous l’avez certainement fait en vous appuyant sur ce film. Bravo ! "
Ce jeudi 13 février, jour anniversaire de la mort d'Ilan Halimi, quelques 800 personnes ont participé à l'Acte II des Assises de lutte contre l'antisémitisme, à la Maison de la Radio. Les travaux de l'acte I avaient été interrompus du fait de la dissolution de l'Assemblée nationale.
Les ministres Aurore Bergé et Elisabeth Borne ont ouvert ces assises dont la première partie était dédiée à la jeunesse.
Aurore Bergé a convaincu de sa volonté d'éradiquer la haine antisémite. Elle a rappelé que "l'antisionisme et la haine décomplexée d'Israël sont le nouveau visage de l'antisémitisme". Elle s'est prononcée pour une République forte et juste qui sanctionne, rassemble et protège. Ses trois exigences : Entendre, Dire, et Faire.
Elisabeth Borne, a déclaré que l'éducation était une priorité, qu'il fallait renforcer la prévention, la formation, et lutter contre la banalisation des insultes, des propos et gestes antisémites, sanctionner.
Les témoignages des jeunes (du collège à l'université), victimes ou témoins d'actes antisémites nous ont secouées. Au-delà de l'émotion, nous avons relevé quelques unes de leurs propositions :
mettre en place des formations spécifiques pour les référents au harcèlement dans les établissements scolaires, référents qui doivent être en capacité de sanctionner.
concernant "l'antisémitisme d'atmosphère" régnant dans certaines universités, les associations intervenant dans les campus devraient obligatoirement signer une charte qui inclut la définition de l'IHRA* de l'antisémitisme, avec des sanctions pour non-respect de la charte.
On a bien aimé ces quelques mots : " l'intelligence ne vaccine pas contre l'antisémitisme", "le rôle de certains médias, les ingérences étrangères"...
La deuxième partie a déroulé un volet juridique, un volet enseignement supérieur et un volet historique.
Maître Ouaknine-Melki avocate de l'OJE** souligne que la justice a du mal à se positionner quand il s'agit d'une affaire politique ( cf les élus LFI). Elle note aussi les difficultés de procédures ainsi que leurs délais. Elle
appuie la LICRA*** qui demande depuis des années la sortie des délits racistes de la loi de la presse (1881) : injure, diffamation, provocation à la haine raciale, apologie et contestation de crimes contre l'humanité.
Le propos du recteur Khaled Bouabdallah, délégué de la région académique Occitanie, a montré combien il est difficile de travailler avec les présidences d'université qui sont pourtant encouragées à faire des signalements aux procureurs. Nous avons bien noté que les sections disciplinaires sont constituées de professeurs et d'étudiants dont il faudrait accroître la formation sur le sujet.
Madame Marie-Anne Matard-Bonucci, historienne, a insisté sur les spécificités de l'antisémitisme, même s'il y a des liens avec les autres racismes. Elle a distingué trois spécificités : la longévité de ce fléau dans le temps, sa propagation sur toute la planète, mais aussi sa plasticité selon les moments : le juif capitaliste, le juif révolutionnaire, le maître du monde, le coupable de ce qui se passe à Gaza ...
Madame Aurore Bergé a conclu la matinée en rappelant que "la République est là !" et combien il est important de lutter contre l'indifférence. Elle a également noté qu'une proposition de loi était à l'étude au Sénat pour lutter contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur. Deux groupes de travail, l'un tourné vers le juridique, l'autre vers l'éducation tout au long de la vie, devront faire des propositions. Il y aura donc un Acte III des Assises.
En revanche, les affiches qu'elle a dévoilées dans le cadre d'une campagne de communication à venir n'ont pas recueilli l'enthousiasme. Loin s'en faut. La ministre a donc décidé de revoir sa campagne, en lien avec les associations. Sur ce dernier point, on ne sait pas qui a buggé. Mais il est heureux que la ministre, soucieuse de travailler avec les associations pour réussir à faire reculer le fléau de l'antisémitisme, ait pris cette décision. C'est tout à son honneur.
**OJE Organisation Juive Européenne, association communautaire crée en 2014. Son site étant actuellement en maintenance, vous pouvez la retrouver sur les réseaux sociaux.
***LICRA, Ligue Contre le Racisme et l'Antisémitisme, créée en 1927, https://www.licra.org/
Alors que nous nous apprêtons à commémorer les tragiques événements de 2015, nous réaffirmons notre entière solidarité avec toutes les personnes touchées de près ou de loin par les attentats islamistes de 2015.
Nous féministes universalistes et laïques, réaffirmons notre attachement aux valeurs de la République, celles qui permettent aux hommes mais aussi aux filles et aux femmes de vivre libres et d'être protégées par la loi.
Voici quelques rendez-vous auxquels nous vous appelons à participer :
Jeudi 9 janvier, 19h-21h30 à la Mutualité, 24 rue St Victor, 75005 : Charlie Hebdo et le CRIF
Samedi 11 janvier, hommage devant les anciens locaux de Charlie Hebdo : Le Printemps Républicain, la LICRA, le CLR.
Rendez-vous à 11h, 10 rue Nicolas Appert 75011. Chaque personne viendra avec une fleur.
Projection-débat : Dieu peut se défendre tout seul, réalisatrice Isabelle Cottenceau.
A Paris, Lille, Toulouse, Blagnac, l'Isle-Jourdain. Un événement à l'initiative du Printemps Républicain, en partenariat avec la Région Hauts de France pour Lille, et aussi avec le Comité Laïcité République et Vigilance Collèges Lycées pour Paris, Lille, Toulouse, Blagnac et l'Isle-Jourdain.
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