Théâtre : Discours de la Servitude volontaire

Théâtre : Discours de la Servitude volontaire

Depuis que des pseudos défenseurs de la liberté des femmes défendent le port du voile, du burkini et autres accoutrements "sacrés", le Discours de la Servitude volontaire d'Etienne de La Boétie, réflexion sur la liberté des individus leur est opposé. L'occasion nous est donc donnée d'assister à cet incontournable, au théâtre de l'Epée de Bois.

Entrer dans la Cartoucherie de Vincennes est déjà magique, un écrin dans le bois de Vincennes, ponctué de différents théâtres. Entrer dans le théâtre de l'Epée de Bois est une invitation au voyage dans le monde littéraire.

Assister au discours d'Etienne de La Boétie, scandé par la formidable comédienne Graziella Lacagnima, est un bonheur. Du haut de sa chaire, elle nous harangue. Son son faire-valoir assis à son écritoire, Antonio Diaz-Florian également le metteur en scène, ne la démentit pas.

Et puis, à l'heure où le courant décolonial assigne les artistes à leur identité, la preuve est faite qu'une femme peut parfaitement jouer le rôle d'un homme : c'est la liberté du théâtre, des artistes !

Un hymne à la liberté des individus, et dont la modernité nous étonne encore : un texte écrit dans les années 1550 qui nous fait réfléchir sur la dignité et la responsabilité de chaque individu.

Le succès est tel que la pièce joue les prolongations chaque dimanche à 14h30 jusqu'au 27 avril. Tarif : de 14€ à 24€

Parole de prof, toujours Charlie.

Parole de prof, toujours Charlie.

Ce 11 janvier, Les CitadElles étaient partenaires de l'événement Toujours Charlie, 10 ans après, initié par le Printemps Républicain et dont la présidente est notre amie, Marika Bret. Devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, 10 rue Nicolas Appert, il y eut des prises de paroles.

Voici celle de Delphine Girard, professeure de Lettres Classiques, porte-parole de Vigilance Collèges Lycées. Merci à elle pour l'autorisation de reproduire son texte sur notre site.

"J'ai commencé à enseigner il y a tout juste vingt ans. Dix ans avant les attentats que nous commémorons. Il y a vingt ans, je peux vous dire que les mécanismes qui ont mené à l'assassinat de nos camarades étaient déjà en germe au sein de la jeunesse, tout au creux de nos salles de classe. Dans la banlieue de Meaux, en 2005, des adolescents de 15 ans m'interpellaient déjà pour me dire que je n'avais pas le droit de leur faire lire certains textes de Voltaire, ou me demandaient pourquoi je venais leur parler d'homosexualité, en étudiant la biographie de Rimbaud.

Mais quoique les débats fussent parfois ardus, souvent houleux, ils semblaient toujours possibles, et je n'ai guère le souvenir qu'ils aient jamais pris une tournure politique. J'étais confrontée à la réaction d'adolescents enfermés dans un milieu socio-culturel exigu, défiants, mais sans discours arrêté ni construit.

Et puis il y a eu janvier 2015 ... Après les attentats de Charlie, les échanges sont devenus clairement plus compliqués sur toutes ces thématiques. Comme si l'indignation spontanée de certains élèves lors du cours sur Voltaire ou des débats autour de l'homosexualité avait enfin trouvé une forme officielle, une pensée coustruite comme un rempart contre la rhétorique subversive de l'école : une bannière : l'anti-Charlisme.

Et cette identité de groupe nouvelle, forte comme le sont les effets de mode et galvanisante comme l'est le sentiment d'appartenance chez les jeunes gens, plus que jamais clivait l'école en deux : eux, et nous. Les élèves, leurs familles, leurs valeurs que nous ne pouvions pas comprendre, leur milieu, leur vérité; et les profs, l'institution, officiellement hostile puisqu'elle défendait l'action de dessinateurs "islamophobes".

Et même si personne ne soutenait ouvertement le meurtre de journalistes ou de policiers, ils étaient en classe nombreux à penser que qui sème le vent ... Un peu comme ces filles qu'on regrette de voir violées, mais à qui on reproche de s'entêter à porter des jupes provocantes.

Définitivement, Voltaire, les "pédés" et les caricatures, c'était "ma" culture, et non la leur : et puisque je soutenais l'action de dessinateurs prêts à bafouer "leur" culture, ils n'avaient plus de raison de vouloir m'écouter lorsque je présentais la "mienne", ni de continuer à nouer un dialogue pour parvenir à un consensus autour de la liberté d'expression.

Ce dialogue pourtant, Samuel Paty pensait pouvoir le poursuivre, bon gré mal gré, grâce et à l'aide de Charlie. Et c'est en s'efforçant d'expliquer les mêmes dessins à ses dessins à ses élèves, qu'il fut assassiné lui aussi, cinq ans plus tard, par un barbare de 10 ans le cadet des Kouachi. Même lumière contre même ombre...

Car si l'on meurt et qu'on tue au nom de Charlie, c'est bien parce que Charlie incarne l'ennemi : il n'est pas la culture des profs, des journalistes, ou de l'institution : il est le meilleur moyen de gagner le paradis, pour qui s'imagine que l'enfer est peuplé de gens qui se marrent, qui pensent et qui dessinent, encore."

Samedi 11 janvier 11h : 10 ans après, toujours Charlie !

Samedi 11 janvier 11h : 10 ans après, toujours Charlie !

Partenaires de cette action, nous vous appelons à participer à cette commémoration initiée par le Printemps Républicain, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, 10 rue Nicolas Appert, 75011 Paris, samedi 11 janvier 2025, à 11heures. Un dépôt de fleurs public y sera organisé. Nous vous invitons à venir avec une fleur, ou un bouquet. Puis nous nous rendrons boulevard Richard Lenoir, 75011, là où fut assassiné le lieutenant Ahmed Merabet.

La grande soirée de soutien à Boualem Sansal

La grande soirée de soutien à Boualem Sansal

Le 16 décembre, soirée organisée au Théâtre Libre à Paris par Arnaud Benedetti rédacteur en chef de la Revue politique et parlementaire et fondateur du comité de soutien international pour Boualem Sansal et Georges-Marc Benamou pour la production.

Beaucoup de monde au Théâtre Libre pour soutenir Boualem Sansal, emprisonné par le régime algérien dès son arrivée à l'aeroport d'Alger.

Des interventions de l'ancien ministre président du Laboratoire de la République Jean-Michel Blanquer, la directrice de la rédaction de Marianne Natacha Polony, le directeur du Point Etienne Grenelle, le président du CLR Gilbert Abergel, l'ancien premier ministre Bernard Cazeneuve et Me François Zimmeray l'avocat français de Boualemn Sansal.

Tous ont affirmé avec force l'importance de soutenir l'écrivain franco-algérien qui, par ses écrits, se bat contre l'islamisme et pour notre liberté.

Ses éditeurs, Antoine Gallimard des éditions Gallimard et Jean-François Colosimo, des éditions du Cerf.

Ils ont rappelé le sort des écrivains emprisonnés ou exilés pour s'être battus contre des régimes dictatoriaux. Jean-François Colosimo a évoqué Alexandre Soljenitsyne qui a dénoncé dans ses livres le régime totalitaire soviétique.

Boualem Sansal conteste dans ses oeuvres le discours officiel du régime algérien et combat l'islamisme.

L'écrivain Kamel Daoud, lauréat du prix Goncourt pour son livre "Houris", a tenu un discours très fort. Son livre qui évoque la guerre civile algérienne des années 90 est interdit en Algérie. Lui également va à l'encontre du discours officiel algérien.

Il a redit l'importance de la liberté, de la préserver et le risque de la perdre par nos négligeances, nos lâchetés et nos compromissions.

Nous ne devons pas céder sur la liberté d'un écrivain. Lui comme Boualem Sansal en connaissent le prix et avertissent depuis longtemps les démocraties sur les dangers qui les guettent.

Le peu de réactions d'une partie de la gauche à cet emprisonnement a été dénoncé. La gauche en effet a une tradition de soutien d'écrivains et d'artistes inquiétés par les dictatures.

Des média, des relais d'opinion, n'ont pas soutenu Boualem Sansal ni appelé à sa libération et certains l'accusant d'avoir des propos d'extrême-droite...

Des idées qui se disent progressistes se répandent malheureusement au sein de la jeunesse

La France ne doit pas renier son héritage de défenseuse de la liberté d'expression, d'accueil et de soutien des combattants de la liberté.

Les dessins projetés durant la soirée sont de Ranson § Gorce.

Pour finir, un rappel que le combat continue et que d'autres évènements sont à venir pour obtenir sa libération.

9 décembre : Journée de la Laïcité

9 décembre : Journée de la Laïcité

Les CitadElles sont de la fête de la laïcité !

Les CitadElles souhaitent longue vie à la laïcité ! Elle est un bouclier pour la liberté des femmes.

Ce lundi 9 décembre, nous avons rencontré les élèves de 3ème d'un collège du 12ème arrondissement de Paris dans le cadre de la journée de la laïcité.

Arlette Zilberg, notre porte-parole, était également invitée vendredi 6 décembre à intervenir au colloque de la LICRA à l'hôtel de Lassay : "Contre la haine...la Laïcité".

Nous publierons son intervention.