Ce dimanche, environ 400 personnes se sont rassemblées à l'appel de l'association franco-iranienne Femme Azadi (dont Mona Jafarian est co-fondatrice), place du Trocadéro à Paris. L'association Homa était présente également.
On a noté la présence de Jérémy Redler maire du 16ème arrondissement, du sénateur Francis Szpiner, de la députée Caroline Yadan.
Le président du CRIF Yonathan Arfi, et la présidente de la WIZO France Nathalie Beizermann étaient là également. Il faut dire que Femme Azadi et Homa avaient participé aux rassemblements pour la libération des otages du Hamas depuis le 7 octobre 2023.
Pour qui tente de suivre la révolution en République Islamique d'Iran depuis l'assassinat en 2022 de Mahsa Amini pour un voile mal ajusté, il est difficile de comprendre les différentes options politiques offertes par les oppositions au régime des mollahs. Pour nous, qui nous sommes constituées en collectif féministe laïque et universaliste suite à l'absence des associations féministes mainstream pour soutenir la révolution Femme Vie Liberté, il est parfois difficile de décrypter les positions dans la diaspora iranienne. Mais les liens que nous avons créés depuis 4 ans sont précieux pour notre compréhension.
Et si nous n'avons pas oublié la répression de la police politique sous le régime du Shah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi, il est clair que l'avènement de la République Islamique d'Iran avec l'ayatollah Khomeiny a établi un régime d'apartheid sexuel et une dictature théocratique dont l'un des piliers, Les Gardiens de la Révolution, fait régner la terreur depuis 1979. Une dictature qui, en finançant les mouvements terroristes au Moyen Orient (Hezbollah, Hamas, Djihad Islamique, Houthis), a déstabilisé la région et bien au-delà. Jusqu'en France.
Féministes, nous marchons depuis 4 ans aux côtés d'associations franco-iraniennes (Homa, Femme Azadi) pour soutenir le mouvement Femme Vie Liberté et la révolution en marche.
Depuis une semaine, la contestation politique contre le régime a repris.
Ce n'est pas à nous qu'il appartient de dire quel sera l'avenir politique de l'Iran quand ce régime tombera, ( République, monarchie constitutionnelle…) ni qui est en capacité d'être en responsabilité de la transition vers la démocratie. Le peuple iranien ne manque pas de ressources intellectuelles et politiques.
Femme Azadi soutient le prince Pahlavi exilé aux USA, qui a fait de nombreuses déclarations assurant qu'il est pour une démocratie laïque, et prêt à prendre ses responsabilités pour la transition en attendant la tenue d'élections.
Nombre de nos amis qui pourtant avaient fuit l'Iran du Shah, nous disent lui accorder du crédit et ont rejoint le rassemblement au Trocadéro. D'autres ne lui font pas confiance.
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas à nous de choisir qui devra gouverner l'Iran lorsque ce régime tombera.
Depuis l'assassinat à Téhéran de Mahsa Jina Amini le 16 septembre 2022, pour un voile mal porté, et depuis la révolution iranienne Femme Vie Liberté déclenchée par la jeunesse, nous ne cessons de dire à nos amis et amies iraniennes : un jour, nous irons ensemble danser à Téhéran.
Depuis le pogrom du 7 octobre, et à l'exemple de Mia Schem, kidnappée par le Hamas lors du Festival Nova pour la paix, et otage 55 jours à Gaza, nous avons fait nôtre ces mots tatoués sur son avant-bras : We will danse again.
Un point commun entre le statut des femmes en République Islamique d'Iran, et les actes de barbaries sexuelles commis par les terroristes islamistes du Hamas sur les femmes israéliennes ou supposées juives le 7 octobre dernier ? La haine des femmes. Sans oublier que le Hamas a conjugué haine des femmes et haine des Juifs ce jour-là.
Il n'est donc pas surprenant depuis le 7 octobre dernier, d'assister à un rapprochement entre les principales associations franco-iraniennes soutenant la révolution et des associations juives. Car elles font face à un ennemi commun : la République Islamique d'Iran et ses proxys, Hamas, Hezbollah, Houthis du Yémen, sans compter la Syrie de Bachar El-Assad et la Russie de Poutine.
Nombre d'événements en France témoignent du rapprochement des communautés juives et iranienne : repas célébrés ensemble, participation de l'association franco-iranienne HOMA et de personnalités comme le professeur Didier Idjadi ou Madame Iris Farkondeh universitaire aux manifestation ou conférences contre l'antisémitisme et pour la libération des otages, interventions régulières de Madame Mona Jafarian présidente de Femme Azadi sur des radions juives, ou de Madame Mahnaz Shirali sociologue à des débats sur les chaînes de télévision.
Toutes ces personnalités ont un jour relaté qu'en Iran, la population, exsangue et appauvrie par un régime incompétent sur le plan économique et mortifère du point de vue social et sociétal, ne veut plus des dépenses liées au soutien des succursales terroristes du régime. Selon les derniers sondages, 80% des Iraniens sont opposé au régime. La mort du président Raïssi lors d'un "accident d'hélicoptère", a été célébré dans la joie tant dans la diaspora iranienne qu'à l'intérieur du pays !
Lors de la soirée du 26 mai, des personnalités juives et de la diaspora iranienne ont célébré leurs valeurs communes.
Saeed Amini, président de Homa et hôte de la soirée, a rappelé les valeurs qu'il souhaitait voir gagner en Iran : Liberté Egalité Fraternité Laïcité Démocratie.
Il a aussi témoigné de sa solidarité avec le peuple israélien et le peuple juif malmené ici depuis le 7 octobre.
Il a dénoncé le Hamas et la République Islamique d'Iran qui déstabilisent le monde, exportant la guerre et le terrorisme.
Il a répété sa demande de voir le corps des Gardiens de la révolution enfin classé sur la liste des organisations terroristes par L'Union Européenne.
Le souhait exprimé par Yonathan Arfi, président du Conseil Représentatif des Juifs de France ( CRIF), de faire le voyage de Paris à Téhéran puis à Jérusalem a été applaudi.
Sa présence, comme celle de Caroline Yadan députée, et de Samuel Lejoyeux président de l'Union des Etudiants Juifs de France ( UEJF) n'étaient pas que symboliques : l'invitation à cette soirée appelait à renforcer les liens d'amitié entre les communautés.
Alors que les actes antisémites ont augmenté de 1000% ces derniers mois en France, alors que la géopolitique est instable et déstabilisante, ces moments de solidarité sont réconfortants.
Ont également pris la parole Geneviève Garrigos conseillère de Paris, François Béchieau adjoint au Maire du 75019, deux personnalités qui participent régulièrement aux manifestations de soutien à la révolution iranienne.
Fahimeh Robiolle ingénieure, autrice, promue en France au grade de la légion d'honneur, a défendu les droits des femmes afghanes et iraniennes, et dénoncé le régime des talibans qui a retiré même le droit d'aller à l'école pour les petites afghanes.
Arlette Zilberg, militante féministe, au nom du collectif féministe universaliste et laïque Les CitadElles, a interpellé celles qui ont détourné leur regard des exactions du régime iranien contre les jeunes femmes iraniennes, celles qui ont détourné leur regard lors des violences sexuelles des terroristes du Hamas contre les israéliennes le 7 octobre dernier. Elle a rappelé que le régime d'apartheid de sexe en Afghanistan ou en Iran n'était pas tolérable.
Un banquet politique, célébrant l'amitié entre les peuples, la démocratie, la laïcité, comme cela fait du bien en cette période où les extrêmes jettent de l'huile sur le feu, et où de pseudo progressistes font les autruches face au danger de l'axe Iran - Syrie - Russie - Chine.
Espérons que notre rêve commun sera bientôt réalité.
Alors nous ferons ensemble le voyage Paris-Téhéran-Jérusalem
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