Signez la pétition de Tania de Montaigne pour rappeler qu'il existe toujours un féminisme universaliste et laïque !
Le texte de la pétition auquel nous souscrivons :
" Nous sommes des féministes de plusieurs générations. Certaines d’entre nous ont milité au MLF, pour le droit à l’avortement, la loi contre le viol, le droit de disposer de nos corps ou de ne pas porter le voile. D’autres, bien avant MeToo, ont dénoncé les prédateurs, se sont battues pour rallonger le délai de prescription des crimes sexuels ou ont obtenu que le consentement ne soit pas reconnu avant quinze ans.
Pour avoir osé se dire « féministes » quand ce n’était pas encore à la mode, certaines ont enduré les railleries, pris des coups, et, parfois, risqué leurs vies. Nous sommes fières d’être féministes, et, plus encore, de voir cette cause gagner les nouvelles générations. Mais nous voyons aussi ce combat être instrumentalisé, de façon caricaturale et sectaire.
Au nom de l’indigénisme et d’une prétendue intersectionnalité, ou par pur esprit partisan, un féminisme totalitaire tend à s’imposer et à parler au nom de toutes. Nous voulons rappeler ici qu’il existe toujours cet autre féminisme de justice et d'égalité, laïque et universaliste.
La laïcité protège l'égalité et donc la liberté des femmes. C’est pourquoi nous combattons tous les intégrismes, car tous révèlent, d’où qu’ils soient, la forme la plus pathologique du patriarcat.
Nous refusons tous les relativismes culturels, postcoloniaux ou identitaires, qui prétendent soumettre le féminisme à d’autres priorités et nous interdire de dénoncer un agresseur s’il est « racisé ». Comme nous refusons ces idéologies qui, à l’inverse, ne s’inquiètent du violeur que si celui-ci est étranger ou perçu comme tel.
Tout oppresseur doit être condamné : le taliban qui emmure vivantes les Afghanes, le Mollah ou le Pasdaran qui persécute les Iraniennes, le soldat russe qui viole des Ukrainiennes, le jihadiste du Hamas qui torture et massacre des Israéliennes et asservit les Palestiniennes, l’Américain qui criminalise le droit à l’avortement, le violeur bien de chez nous…
Nous condamnons toutes les atteintes sexistes et les violences sexuelles, sans les confondre et sans renoncer à la proportionnalité des peines. Nous soutenons toutes les victimes sans pour cela renoncer à la présomption d’innocence et à l’examen des faits par la justice. Nous appelons à la doter de moyens pour qu’elle puisse être à la hauteur des drames qui lui sont exposés, les traiter avec écoute, ardeur, célérité et plus d’efficacité.
De toutes leurs forces les femmes doivent favoriser la libération de la parole sans refuser l’État de droit ni renoncer au doute avant de décréter une condamnation publique sans appel. Le féminisme est un contre-pouvoir, pas un instrument d’oppression ".
Le colloque de la LICRA s'est déroulé le 6 décembre 2024 à l'Hôtel de Lassay, sous le haut patronage de Madame Yaël Braun-Pivet, Présidente de l'Assemblée nationale. Arlette Zilberg a participé à la 1ère table ronde intitulée "La démocratie en danger". Voici son intervention sur le thème : Femmes, premières sacrifiées, mais combattantes.
Un bon indicateur pour mesurer l’état de la démocratie dans un pays est sans nul doute, le degré de liberté des femmes. Encore faut-il s’entendre sur le sens donné à l’expression « liberté des femmes ». Il y a tant de mots tordus aujourd’hui ! Mais puisque nous sommes entre nous, je retiendrai 2 critères essentiels avec lesquels je pense vous serez d’accord : égalité des droits entre les femmes et les hommes, et émancipation. Et si l’on croise ces données avec l’influence du religieux sur le politique, force est de constater que les femmes sont sinon les premières sacrifiées, mais les premières impactées, dans leur chair. Sont-elles pour autant des combattantes pour la démocratie ?
Pour illustrer mon propos, je voudrais d’abord vous faire partager mes quelques réflexions sur ce qu’il en a été des droits des femmes sous l’Allemagne nazie. Si nous avons en tête uniquement le fait que les femmes ont été renvoyées au foyer, nous faisons fausse route. Je ne citerai que 2 exemples :
Le premier est le documentaire d’Andres VEIEL sorti en France le 27 novembre dernier : Leni RIEFENSTHAL, la lumière et les ombres. Cette actrice et cinéaste phare du IIIème Reich proche de Goebbels et d’Hitler, a réalisé des films de propagande nazie. Quand on sait le rôle de la propagande dans la machine national-socialiste, il est difficile de déresponsabiliser cette dame. Et pourtant, elle sera acquittée et blanchie de toute responsabilité, « non concernée » par la loi de dénazification.
Toujours en référence au IIIème Reich, je souhaite mettre en lumière la republication en octobre 2023, du livre de Rita THALMANN, et préfacé par Liliane KANDEL, Etre Femme Sous le IIIème Reich.
Il nous éclaire sur le rôle des femmes dans le régime nazi. Car si les femmes ont eu à subir des mesures liberticides, elles ne furent pas toujours du bon côté de l’histoire, comme on dit ! Même reléguées dans leurs foyers, elles ont majoritairement participé activement au soutien du régime, et ce, à partir de leur position sociale de femmes. Et pourtant, des restrictions de droits, notamment concernant le travail, le divorce, leur autonomie, il y en eut. Le summum fut atteint par la mise en place des « Lebensborn », ces maisons qui accueillaient les épouses, fiancées ou amies enceintes de SS. Des centres, la plupart gérés par des femmes, et qui oscillaient entre pouponnières et bordels. L’obsession nataliste du régime et sa politique démographique auront bien évidemment pour conséquence immédiate l’interdiction de l’avortement.
Pour en revenir directement à notre sujet, femmes premières sacrifiées, mais combattantes, nous devons aussi nous pencher sur l’influence du religieux sur le politique.
Combattantes, les Espagnoles le furent en 2014, lorsque le gouvernement du Parti Populaire, sous influence de l’église catholique a voulu modifier la loi qui autorisait le droit à l’IVG. Un combat remarquable qui eut pour conséquence la démission du premier ministre, et à terme la défaite du Parti Populaire aux élections suivantes.
En revanche, aux Etats Unis, force est de constater que le combat pour les droits des femmes, et notamment pour le droit à l’avortement, n’a pas pesé suffisamment lourd face au poids du Tea Party, et au poids de plus en plus prégnant des Eglises Catholique et Evangéliquequi défendent une vision traditionnelle de la famille, et diabolisent l’avortement et l’homosexualité. Or, face au virilisme décomplexé de TRUMP, le mouvement féministe étasunien parasité et affaibli depuis des années par des débats autour de l’intersectionnalité, n’a pas su offrir de perspectives féministes crédibles. A force de hiérarchiser les combats, de mettre en concurrence différentes identités, à force de subordonner les droits des femmes à d’autres combats qui n’ont rien de féministes, les combats féministes sont devenus illisibles, que ce soit sur la question du corps des femmes que sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Avec la victoire de Trump, il est hélas fort à parier que l’accès des femmes à l’avortement ne soit encore plus compromis qu’aujourd’hui.
Il en va de même pour l’Argentine : alors que nos féministes combattantes avaient gagné le droit à l’avortement en 2021, la présidence de Javier MILEI soutenu et entouré par les évangéliques, voit déjà l’impossibilité pour les femmes d’avorter, faute d’accès à ce qu’on appelle la pilule du lendemain, ou d’hôpitaux en capacité de pratiquer les IVG. Quand le religieux revient en force, on assiste à un recul des droits des femmes. Or, si l’on veut bien considérer que les droits des femmes sont des droits humains, lorsqu’ils régressent, c’est la démocratie qui est en danger.
Le fait d’avoir inscrit la liberté d’avortement dans la Constitution française devrait nous protéger d’une éventuelle régression sur cette question.
Et comme il en faut pour tout le monde, je vais dire quelques mots sur ce que l’on appelle le monde musulman.
L’un des signes le plus visible du poids de la religion dans l’espace publique est bien le voilement des femmes, voire des fillettes. Ça commence toujours comme ça :
Vivant dans le 20ème ardt de Paris, où vit une population d’origine sub-saharienne, j’ai constaté que les femmes et les fillettes d’origine malienne et même sénégalaise portent hidjab et abaya, dans l’espace publique, ces vêtements qui recouvrent le corps des femmes. Même des femmes nées et scolarisées en France. Alors que leurs grand-mères portaient des boubous avec décolletés il y a 30 ans. Il serait intéressant de recouper le port de cette tenue et l’avancée des islamistes dans les pays d’origine.
Les islamistes au pouvoir ont toujours porté atteinte au corps des femmes pour le contrôler. Pire, certains régimes ont même établi un apartheid de sexe, avec des lois humiliantes et discriminatoires envers les fillettes, les filles et les femmes, c’est-à-dire envers le sexe féminin. Les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes. Je ne vais pas empiéter sur le propos de notre amie Chahla CHAFIQ qui interviendra lors de la prochaine table-ronde. Mais je vais tout de même rappeler que si les femmes ont été les premières touchées dans leurs libertés lors de l’avènement de la République Islamique d’Iran, elles ont été parmi les premières combattantes du régime, à travers la manifestation du 8 mars 1979 lorsque des dizaines de milliers de femmes sont descendues dans la rue pour protester contre l'imposition du voile obligatoire. La République Islamique d’Iran a mis en place un régime d’apartheid de sexe, où dès le plus jeune âge, garçons et filles sont séparés sur la base de leur sexe biologique et ont des droits différents. Je préfère parler d’apartheid de sexe, plutôt que d’apartheid de genre. Et ce, d’autant plus qu’aujourd’hui, le genre signifie chez les néo-féministes, la façon dont un individu veut être reconnu et nommé.
Autre pays où les femmes ont été les premières sacrifiées, l’Afghanistan où le régime islamiste des Talibans retire chaque jour des droits aux femmes, droit d’étudier, droit de chanter, droit de parler en public. Et cela en s’appuyant sur le Coran. Là aussi les premières mesures ont été de s’attaquer au corps des femmes en les recouvrant d’une bache, en les bachant. On est même au-delà de l’apartheid de sexe. Il faudrait inventer un nouveau mot qu’apartheid, car ce que les Afghanes vivent est au-delà de ce que les Noirs vivaient en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid. Elles n’ont plus aucun droit, même si chaque jour, nous apprenons qu’un autre droit leur est enlevé ! Or depuis déjà un certain temps, des images nous parviennent de femmes afghanes manifestant contre cette condition inhumaine. Le courage de ces combattantes nous oblige. Car elles ont 2 ennemis : les talibans, mais aussi Daesh !
Et il me faut aussi dire 2 mots de Daesh ces terroristes islamistes qui n’ont pas dit leur dernier mot sur la scène internationale.
Rappelons-nous du film Sœurs d’Armes, de Caroline FOUREST, sorti en 2019. Une fiction mais qui s’appuie sur la réalité et met en scène des combattantes kurdes, des femmes yézidis. La réalité, ce sont aussi les hommes de Daesh qui ont kidnappé des femmes yézidis, violé, les ont réduites à l’esclavage sexuelle et revendues sur des marchés. Selon les déclarations du Père DESBOIS hier sur radio RCJ, il reste encore 2600 esclaves sexuelles yézidis.
La réalité, c’est que toutes les exactions des islamistes contre les mécréants sont adossées à la religion. Le viol, l’esclavage sexuel, la mise enceinte, les mutilations, voire les pires exactions et tortures.
Alors comment expliquer que de jeunes femmes, ayant grandi en France puissent partir rejoindre Daesch ?
J’ai hâte d’aller voir le film Rabia, de la réalisatrice allemande Mareike ENGELHARDT et qui est sorti en France avant-hier…Pour ce faire la réalisatrice a enquêté pendant 8 ans, auprès de jeunes filles revenues de Syrie. Ce film nous montre la réalité de ces maisons, les madafas, où sont accueillies les jeunes femmes venues du monde entier pour rejoindre Daesch. Elles y sont enfermées, destinées à devenir des épouses de djihadistes. En écoutant sur internet les propos des actrices Meghan NORTHAM et Lubna AZABAL, je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement entre les Lebbensborn du IIIème Reich, et ces maisons qui elles aussi étaient finalement des lieux qui servaient à la fois de pouponnières mais aussi de bordel pour les combattants de Daesh. Fonction reproductrice mais aussi objet sexuel.
Bien sûr, il n’est pas question de comparer TRUMP et KHAMENEI : il est bien plus facile pour une femme de vivre aux USA qu’en République Islamique d’Iran. Pour autant, le danger est réel de voir le religieux interférer dans le politique dans cette période de grande confusion et d’instabilité.
Alors les femmes premières sacrifiées ? Le plus souvent. Combattantes ? pas toujours, ni pas toujours du bon côté de l’histoire. Notons qu'il aura fallu des années à la justice française pour comprendre que les jeunes djihadistes françaises étaient partie à Raqaa parce qu’elles adhéraient à l’idéologie de Daesh. Elles ont longtemps été déresponsabilisées parce que femmes. Un peu comme le fut Leni RIEFENSTAHL.
Cette année, le colloque de la LICRA, Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme, se tiendra à l'hôtel de Lassay, résidence de la présidente de l'Assemblée nationale. Mme Yaël Braun-Pivet ouvrira le colloque, avec Mr Mario Stasi, président de la LICRA.
Voici les intitulés des quatre table-rondes :
1) La démocratie en danger
2) La laïcité et la liberté de création
3) Une éducation émancipatrice
4) L'universalisme
Chaque table-ronde est suivie d'un moment d'échange et de débat avec la salle.
Nous sommes honorées et fières de vous annoncer la présence de notre porte-parole Arlette Zilberg à la première table-ronde.
Pour plus de détails et inscription, aller sur le site ci-dessous
Ce 25 novembre 2024, force est de constater que les violences envers les filles et les femmes sont encore très répandues voire justifiées et banalisées, dans le monde. Les ignorer ou les minimiser en fonction des cultures ou du contexte géopolitique ne fait pas avancer la cause des femmes, ici en France.
Or, nous sommes face à un paradoxe : les associations féministes « mainstream » prétendent lutter contre les viols et violences sexuelles ici, mais restent plutôt silencieuses face à ces violences, selon l’identité des auteurs ou des victimes. C’est ignorer que si nous voulons gagner la majorité culturelle, il faut dénoncer les violences et leurs auteurs, partout dans le monde. Ne jamais confondre les victimes et les bourreaux. Il y a des victimes, la plupart du temps des femmes, et il y a des violeurs, la plupart du temps des hommes !
En cette journée internationale de lutte pour l’élimination de ces violences, nous mettons en exergue trois événements qui ont marqué l'actualité :
1) En France le procès des viols de Mazan où le courage de Gisèle Pélicot a révélé d’une part ce qu’est la soumission chimique, et d’autre part la lâcheté de tous les auteurs des viols. La peine maximale, 20 ans de prison, a été requise contre Dominique Pélicot pour avoir drogué, violé et livré à des inconnus son ex-femme, et avoir filmé ces viols pendant des années. Cependant, nous avons aussi entendu que la notion de viol est encore fragile dans notre société. Or, si l’impunité c’est fini, notre société progressera.
2) En République Islamique d’Iran, alors que la propagande du régime assénait que le mouvement Femme Vie Liberté qui a suivi la mort de Mahsa Amini était sous cloche, une image a fait le tour du monde : celle de Ahou Daryei, jeune étudiante en littérature française de 22 ans. Après une altercation avec la police de l’université pour une tenue non conforme, Ahou a jeté à terre ses vêtements, et s’est promenée en sous-vêtements. Alors qu’elle nous était apparue bien seule, son image est devenue virale, montrant ainsi que la révolution continue et qu’elle est soutenue aussi bien en Iran qu’à l’extérieur.
3) La manifestation organisée à Paris par le collectif Nous Toutes a réuni des dizaines de milliers de femmes ce 23 novembre. Mais force est de constater qu’encore cette fois, un parfum d’antisémitisme régnait dans la manifestation : le cortège Nous Vivrons fort de 500 personnes, dénonçant les violences sexuelles et les viols des terroristes du Hamas, demandant la libération des otages, a été tenu loin derrière le cortège officiel. C’est sous protection policière qu’il a pu défiler, loin derrière les drapeaux palestiniens qui ponctuaient la manifestation, et loin des regards de la plupart des manifestantes.
Un viol est un viol. Tant que des prétendues féministes ne se solidariseront pas avec les victimes du monde entier, elles empêcheront la cause des femmes d’avancer, ici, en France.
Nos pensées solidaires vont également vers les Ukrainiennes, les Soudanaises, les Israéliennes, victimes de viols armes de guerre, vers les Iraniennes, les Afghanes et toutes les femmes et filles vivant sous des régimes d’apartheid de sexe.
Un spectacle qui vous happe, du début à la fin. Pas seulement par le sujet, la vie de "la divine" Sarah Bernard, mais aussi par la distribution : Estelle Meyer magnifique dans le rôle de Sarah, et 9 artistes dont 2 musiciens confirmés. Une fantaisie, une comédie qui frise parfois la comédie musicale pour notre plus grand bonheur.
Une pièce émouvante sur une femme dont la liberté, la ténacité et la passion du théâtre nous enchante. Elle ira jusqu'à interpréter le rôle d'un homme, le jeune fils de Napoléon, dans l'Aiglon d'Edmond Rostand.
C'est avec étonnement et plaisir que nous suivons le chemin de son émancipation.
Une femme moderne pour son époque, qui a fréquenté Edmond Rostand, Victor Hugo, connu Louise Michel, soutenu Emile Zola lors de l'affaire Dreyfus, transformé le théâtre de l'Odéon en hôpital lors de la guerre de 14-18. Et malgré les haines que lui ont voué les conservateurs de tout poil, 500 000 personnes ont accompagné son cercueil vers le Père Lachaise.
Une ode à la liberté et à l’émancipation.
Une mise en scène dynamique et fluide, des costumes colorés, ce qui n'est pas du luxe par les temps qui courent.
Alors merci Géraldine Martineau pour cette pièce, et merci à toute la troupe : 10 artistes et 35 personnages, "quand même" !
Cerise sur le gâteau : le théâtre du Palais Royal est magnifique, un petit écrin.
Question : y-aura-t-il un jour une place au Panthéon pour Sarah Bernard ???
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