Relire : Burqa !

Relire : Burqa !

"Ma vie à Kaboul" est un livre de la journaliste Jamila Mujahed avec les illustrations de l'artiste Simona Bassano di Tufillo. Il a été écrit en 2006, alors que les talibans étaient enfin partis. Il résonne malheureusement à nouveau comme une actualité pour les afghanes.

L'auteure raconte dans ce livre l'expérience épouvantable qu'a constitué le port de la burqa.

Avant la prise de pouvoir des talibans, en 1996, il "n'y avait vraiment aucune raison d'endosser cet habit-prison". Même si déjà, les premiers signes apparaissaient avec les moudjahidin qui souhaitaient que le port du voile revienne ainsi que des cas de mariages forcés, de viols et de jets d'acide.

A l'arrivée des talibans, la ville de Kaboul se vide de femmes et les rares encore "visibles " sont couvertes de la tête aux pieds.

Quand j'ai enfilé la burqa, ce fut comme si le monde entier venait de tomber dans le noir et moi je me trouvais soudain emprisonnée dans une cellule minuscule

Le grillage qui constituait mon seul accès au monde extérieur était si petit, si odieux !

Je me sentais propulsée malgré moi dans des temps nouveaux: Les temps du malheur, des discriminations, de l'ignominie et de l'oppression, de l'abus de pouvoir et de la violence

L'auteur doit se résoudre à la porter pour pouvoir continuer à sortir et travailler. Mais bientôt, les femmes ne sont plus autorisées à travailler dans les bureaux. Elle est licenciée.

Game Over

Dans ses déplacements, ne pouvant apercevoir ni les gens, ni les voitures, elle se fait renverser dans la rue et se blesse.

Les femmes ont de nombreux accidents à cause de l'absence de visibilité.

Il s'agit alors ou de rester des jours entiers enfermée chez soi ou de porter la burqa.

Voici ce que signifie la burqa :
"Une prison, et peut-être pire encore. Toutes les prisons sont horribles. Il n'en existe aucune qui soit plus désirable qu'une autre. Et porter la burqa n'est en rien préférable à la prison

Sale Temps.

Les femmes sont régulièrement frappées dans la rue pour burqa trop courtes, molestées à coups de bâtons.

Les femmes ont de moins en moins leur place dans l'espace public et dans la rue.

Pour éviter d'être battues, elles doivent rester chez elle ou être accompagnées d'un homme de leur famille. Mais toujours complétement couvertes.

L'expérience du port de la burqa montre combien ne pas apparaître dans l'espace public, ne pas être dehors avec son corps, est une négation de l'individu. Les femmes n'ont plus d'individualité.

Ces miliciens islamistes resteront 5 ans au pouvoir. Chassés en 2021 par les américains à la suite du 11 septembre, il ne faudra que quelques semaines pour qu'ils reviennent en 2021.

Jamila Muhajed est journaliste fondatrice du magazine féminin "Malalai". Elle préside The Voice Of Afghan Women's association and Radio.

J'ignorais si l'avenir nous réservait des temps plus radieux sans burqa, mais je l'espérais. J'espérais qu'un jour il y ait encore des femmes libres d'aller à l'école, de travailler et d'aller dans la rue

Pour toutes les femmes et les filles afghanes qui à nouveau subissent le pire des obscurantismes.

Retour sur la conférence sur la résistance des femmes afghanes et du peuple iranien pour la liberté.

Retour sur la conférence sur la résistance des femmes afghanes et du peuple iranien pour la liberté.

Le 10 juin, nous étions à la mairie du 16ème arrondissement de Paris pour la projection du documentaire "Dans l'oeil de la liberté" et les témoignages sur la situation en Afghanistan et en Iran.

Fahimeh Robiolle, à l'initiative de cet événement, a rappelé la nécessité de faire l'écho des voix des sans voix, les femmes afghanes et le peuple iranien.

Pour Francis Szpiner, sénateur et conseiller de Paris, on ne peut pas dire à présent que l'on ne connaît pas la nature du régime iranien, ni celui de l'Afghanistan.

Cela fait 3 générations que les iraniens sont en prison, depuis 79, mais il y a un avant et un après 2022 avec la mort de Mahsa Amini.

Quant aux femmes afghanes, elles sont devenues invisibles. Elles sont privées de leurs droits humains les plus fondamentaux.

Le témoignage de Sima Jouyanda, qui a été la première femmes gouverneur en Afghanistan :

Pendant le 1er régime des talibans dans les années 90, elle a enseigné aux filles en cachette. Avec sa fille Rashmina, elle lutte contre la pauvreté, en particulier la très forte natalité, une des causes de la misère.

Elles ont manifesté avec Nastaran, son autre fille, au retour des talibans.

Lors de ces manifestations, Nastaran envoyait des messages hostiles au régime en langue des signes à l'adresse des média étrangers, afin de ne pas être arrêtée par les talibans.

Le traitement des femmes qui s'opposent aux diktats du régime est effroyable. Certaines femmes ont été décapitées.

Elles ne disent pas tout sur ce que subissent les femmes de ces manifestations par les talibans car ce serait trop difficile à entendre...

Elles sont à présent en exil. Rashmina et Nastaran étudient pour l'avenir, pour la France le pays d'accueil, et afin de continuer les combats.

Il faut garder espoir.

Des témoignages de jeunes iraniens blessés lors des manifestations contre le régime des mollahs se sont succédés.

En tant que mère, que jeune, qu'homme, qu'êtres humains,... ils luttent pour vivre librement leur vie.

Le documentaire " Dans l'oeil de la liberté " de Pantea Modiri raconte les blessures volontaires aux yeux qu'ils ont subies. Certains sont gravement blessés, d'autres sont aveugles d'un oeil, ou complétement.

Lors des manifestations, ce sont en effet les yeux qui sont volontairement visés par les basijis.

"Tant d'yeux ont été enlevés que cela est presque devenu normal...".

Le voile est le symbole de la contestation.

Parce qu'elles l'enlèvent, les jeunes femmes sont arrêtées et torturées.

Le documentaire relate les douleurs de ces jeunes mais aussi leurs espoirs.

Il s'agit d'exposer ces crimes au monde.

"Les basijis qui frappent les manifestants prétendent préserver l'honneur, mais quel honneur y a t-il à violer ou tuer une fille ?".

Tout le monde veut se débarrasser du régime.

Les jeunes épris de liberté, les opposants, mais aussi les minorités, kurdes et balouches, sont victimes des exactions du régime.

C'est un esprit de liberté qui se répand dans les rues.

Ils ont pris la vie de beaucoup d'entre eux mais pour un avenir meilleur.

Tous souhaitent le soutien inconditionnel de la France. La France est pour beaucoup d'entre eux symbole de liberté, et une source d'inspiration. Ils exhortent la France à aider les peuples à se libérer.

La démocratie et la laïcité sont fragiles. Ce qui se passe en Iran et en Afghanistan nous concerne tous.

T

6 juin et 10 juin : 2 évènements sur la résistance des femmes iraniennes et afghanes.

6 juin et 10 juin : 2 évènements sur la résistance des femmes iraniennes et afghanes.

A l'initiative de Fahimeh Robiolle, scientifique et enseignante iranienne, militante des droits des femmes afghanes et iraniennes, projection du documentaire "DANS L'OEIL DE LA LIBERTE" de Pantea Modiri le 6 juin à 20h au cinéma Majestic dans le 16ème arrondissement de Paris, puis le 10 juin à la Mairie du 16ème où il sera suivi d'une conférence.

Illustration @shabillustre

Vendredi 6 juin à 20h 

Projection du film documentaire en présence de la productrice, et de certaines victimes apparaissant dans le film.

Cinéma Majestic 18 rue de Passy 75016 Paris

Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Mardi 10 juin à 17h30

Projection du film et conférence sur la résistance des femmes afghanes et du peuple iranien pour la liberté.

Mairie du 16ème arrondissement de Paris 71 rue Henri Martin

L'inscription est obligatoire pour le 10 juin :

https://www.eventbrite.fr/e/la-resistante-des-femmes-afghanes-et-des-iraniens-tickets-1339751746539?aff=oddtdtcreator

Vendredi 27 septembre 14h-16h30 : viols et violences sexuelles comme arme de guerre : comment sortir de l’invisibilisation et de l’impunité ?

Vendredi 27 septembre 14h-16h30 : viols et violences sexuelles comme arme de guerre : comment sortir de l’invisibilisation et de l’impunité ?

Un séminaire ouvert à toutes et tous, organisé par l'Institut Emilie du Châtelet ( IEC) dans l'amphi Fabry-Perrot du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), 292 rue Saint-Martin, 75003 Paris. (entrée libre)

Les intervenantes : Isabelle Rome ancienne ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, Galina Elbaz avocate et vice-présidente de la LICRA , Arlette Zilberg militante féministe et porte-parole du réseau féministe Les CitadElles.

Ce séminaire comprendra une première partie avec les intervenantes, et sera suivi d'un échange avec la salle.

Présentation :

Viols et violences sexuelles comme arme de guerre : comment sortir de l’invisibilisation et de l’impunité ?

Les crimes sexuels perpétrés dans les guerres et conflits internationaux des dernières années que ce soit contre les femmes yézidies (Irak), ukrainiennes et plus récemment israéliennes, commencent à peine à connaître un traitement journalistique et médiatique, alors que ces crimes ont toujours existé en temps de guerre. Les images des violences sexuelles du 7 octobre 2023 filmées par les terroristes du Hamas, ont permis la prise de conscience et la visibilisation des enlèvements de femmes, des corps de femmes mutilées, exposées et ensanglantées. Une prise de conscience mondiale face à ces viols et ces violences sexuelles comme « armes de guerre » commence à émerger suite à ce drame historiquement tabou, et non traité à la fois médiatiquement et judiciairement.

Nos trois intervenantes, Galina ELBAZ, avocate, Isabelle LONVIS-ROME, magistrate et ancienne Ministre en charge du droit des femmes, et Arlette ZILBERG, militante féministe, aborderont la spécificité et la matérialité des crimes sexuels à la fois sur les femmes et les hommes en temps de guerre et la définition conceptuelle de ces violences comme « armes de guerre ».

Nos intervenantes exposeront les définitions juridiques pour qualifier ces crimes. Elles présenteront également le traitement judiciaire spécifique à l’échelle des juridictions internationales. Pour ce faire, elles évoqueront les précédents jurisprudentiels (Tribunaux internationaux pour l’ex Yougoslavie et le Rwanda, etc.) pour combattre l’impunité et l’invisibilisation de ces crimes contre l’humanité, également qualifiables de génocide dans certaines situations, qui traduisent une façon de s’approprier le corps des femmes ou des hommes, comme on s’approprie un territoire dans les conflits armés.

Dimanche 23 juin : #Paris2024 Appliquez la charte olympique !

Dimanche 23 juin : #Paris2024 Appliquez la charte olympique !

Depuis les JO d'Atlanta, la Ligue du Droit International des Femmes se mobilise pour faire respecter l'article 50-2 de la Charte Olympique stipulant que “Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou emplacement olympique." et dénoncer la discrimination dont les sportives citoyennes de théocraties islamiques sont victimes.

En vue des JO à Paris, le collectif PARIS2024 auquel participe notre collectif Les CitadElles, s'est créé pour porter cette revendication contre l'apartheid sexuel dans les épreuves olympiques. Un parcours de la flamme symbolique est organisé le 23 juin à Paris, en soutien aux afghanes - privées de JO par les Talibans, et aux iraniennes - interdites de certaines disciplines olympiques et dont la participation est conditionnée au port d'une tenue islamique. Des afghanes et des iraniennes en exil, venues de leurs différents pays d'accueil, participeront à cet événement.

Pour soutenir cet événement, voici le lien Hello Asso : https://www.helloasso.com/associations/ligue-du-droit-international-des-femmes/collectes/appliquez-la-charte-olympique-soutien-aux-iraniennes-et-aux-afghanes

RV dimanche 23 juin 15 heures pour un parcours symbolique de la flamme. Dès que la préfecture en aura fixé le lieu, des détails suivront.