Théâtre : Au plus près de ces voix, texte de Chahla Chafiq

Une pièce de théâtre intense sur un texte puissant de Chahla Chafiq

Un homme seul sur scène.

Dans le brouhaha du mouvement de protestation « Femme Vie Liberté » qui s’élève de la rue, le monologue d’un professeur d’histoire. Il a toujours voulu se tenir à l’écart du monde, de l’Iran, dont il connaît pourtant la violence.

Ce retrait, ce refus de voir, n’est pas passif. Il est une force qui s’étend et s’exerce sur l’entourage. Ainsi, il a imposé à sa femme chanteuse, à présent disparue, de ne pas se produire en public, sous prétexte de sécurité. Cette voix bâillonnée, sa femme ne lui pardonnera pas pendant un an.

Pourtant, tout vacille. Le courage de ces femmes, ces jeunes qui bravent le régime au péril de leur vie, lui révèle la nature de son silence : L’acceptation.

Toutes ces voix alors s’élèvent : Sa petite voix intérieure, la voix de sa femme, la voix de Tahereh, figure féminine historique de rébellion, les voix des jeunes du mouvement de révolte Femme Vie Liberté.

Affiche de la pièce de théâtre "au plus près de vos voix"
Un homme seul sur la scène de théâtre

Photo de Vahid Amanpour pour La Compagnie du Passage

La mise en scène sobre met en valeur le jeu de l’acteur Jean-Paul Sermadiras et le chant de la chanteuse lyrique Salmi Elahi. Tous les deux se répondent par la puissance du texte et de la voix, sur une scène dépourvue de décor.

Par son jeu, Jean-Paul Sermadiras nous interpelle directement et Salmi Elahi incarne, comme un fantôme, toutes les voix tues et disparues.

Ce texte est écrit dans le contexte de la révolte en Iran contre l’oppression épouvantable du régime totalitaire iranien. Mais il a une portée universelle. La question de l’engagement, de la peur, de l’acceptation et, à travers la figure historique de Tahereh, les femmes, objets essentiels de répression dans les régimes liberticides.

Il interroge, sans imposer de réponses, sur nos refus de prendre position, le désir de sécurité, souvent mus par la peur. Un choix, mais qui souvent vaut acceptation.

On peut retrouver la pièce au Festival Off d’Avignon
du 4 au 25 juillet à 18h30 au Théâtre de la Porte Saint-Michel.

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